Les banlieues

Quand un lac gèle, une banlieue flambe

Les banlieues

Connaissez-vous l’entropie ?

Sous ce mot quelque peu barbare se cache une notion physique complexe mais passionnante. L’entropie mesure un certain niveau d’ordre ou une absence de désordre.

Prenons un exemple : un lac. Dans un lac, les molécules d’eau sont libres de se déplacer dans toutes les directions de l’espace mais moins librement que dans de la vapeur d’eau. Dit autrement, pour des molécules d’eau, la vapeur d’eau est un milieu plus chaotique, plus désordonné qu’un lac. L’entropie de la vapeur d’eau est plus importante que l’entropie du lac. De la même manière, si le lac gèle, les molécules d’eau ne seront plus libre de se mouvoir. Un lac gelé est un milieu plus ordonné qu’un lac non gelé et son entropie est plus faible que celle du lac liquide.passe-muraille

Quand un lac gèle, il perd en fait de l’énergie (de la chaleur), cette chaleur se dissipe dans l’atmosphère et rejoint peut être l’espace sous forme de photons (les photons sont des grains de lumière et suivant leur niveau d’énergie ils sont ou non visibles). Ces photons rejoindront peut être une lointaine planète ou ils serviront à faire fondre un lac gelé (qui sait ?).

Ce qu’il est important de retenir, c’est que pour qu’un système devienne plus ordonné, il va devoir libérer de l’énergie et que cette énergie servira à augmenter le désordre d’un autre système. Ainsi, l’ordre n’est possible qu’à la condition d’un désordre équivalent.

Cette idée m’a fait penser aux banlieues de nos grandes agglomérations qui sont souvent évoquées comme symbole du désordre de notre société. Une réponse qui commence à poindre aux Etats-"Unis" et peut être bientôt en Europe à l’extrême violence des banlieues est l’extrême sécurité de zones résidentielles protégées. Les habitants de ces quartiers plutôt aisés emploient à leurs frais et en plus des moyens mis à disposition par les communes des agents de sécurité pour garantir une protection totale.

Ces quartiers protégés sont présentés comme des réponses à l’insécurité globale que font peser les banlieues. Au regard des considérations scientifiques précédentes, on peut se demander si ces quartiers protégés ne seraient pas à l’origine ou à l’entretien du phénomène des banlieues. L’ordre que l’on crée artificiellement sur un ilôt de société génère un désordre équivalent en marge de cet ilôt.

Le désordre des banlieues n’est peut être que la réaction à une volonté politique d’un ordre artificiel.

Cette réflexion mérite je crois d’enrichir notre opinion sur le phénomène des banlieues.

Haut de page <